mercredi 22 juin 2011

"L'Armée furieuse" de Fred Vargas.

Dieu a des oreilles et le Prince Charmant aussi. Quand j'ai lu, il y a quelques semaines, que Fred Vargas sortait un nouvel opus des aventures du Commissaire Adamsberg, mon sang n'a fait qu'un tour et j'ai certainement crié ma joie si fort, qu'il l'a entendu. Le Prince Charmant, pas Dieu. Quel bonheur de trouver au milieu de mes jolis cadeaux de fête de mères, "L' Armée Furieuse"! J'avais pris la (très) bonne résolution de la garder pour les vacances, ce temps béni des siestes littéraires (et autre). Et puis, l'envie a été plus forte. Au lieu de me ruer sur le pot de Nutella ou sur une ènième marinière, j'ai dévoré ce roman, fidèle à son auteur et à son style, sans vraie surprise mais parfait car captivant.




En l'accompagnant à travers les ruelles, Adamsberg prit conscience que son envie de la manger primat sur celle de coucher avec elle. Cette femme lui ouvrait démesurément l'appétit, lui rappelant brusquement cette énorme part de kouglof qu'il avait avalée enfant, élastique et tiède, avec du miel, chez une tante en Alsace. Il choisit une table près d'une fenêtre, se demandant commet il allait pouvoir mener un interrogatoire correct avec une tranche tiède de kouglof au miel, exacte couleur de la chevelure de Lina, qui s'achevait en grandes boucles sur ses épaules. Epaules que le commissaire ne voyait pas bien, car Lina portait n long châle de soie bleue, étrange idée en plein été. Adamsberg n'avait pas préparé sa première phrase, préférant attendre de la voir pour improviser. Et à présent que Lina brillait de tout son duvet blond face à lui, il n'arrivait plus à l'associer au spectre noir de l'Armée furieuse, à celle qui voit l'épouvante et la transmet. Ce qu'elle était. Ils passèrent leur commande puis tous deux attendirent un moment en silence, mangeant du pain du bout de doigts. Adamsberg lui jeta un coup d'oeil. Son visage était toujours clair et attentif, mais elle ne faisait pas d'effort pour l'aider. Il était flic, elle avait déclenché un orage dans Ordebec, il la soupçonnait, elle savait qu'on la pensait folle, telles étaient les données simples de la situation.

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mercredi 15 juin 2011

Un air de printemps

Cette année, le printemps a été précoce mais presque inexistant : l'été s'est invité très (trop?) tôt, sans transition. J'avais presque des envies de ratatouille et de pêche au mois d'avril. L'étal de mon primeur et notre panier bio m'ont vite ramenée à la raison. Et quand j'ai eu une barquette de fraises dans le panier de la semaine dernière, j'ai, encore une fois, lorgné vers cette recette qui me fait de l'oeil depuis deux ans sans que j'y succombe. Et pour cause. L'association rhubarbe-fraise a beau être un classique, elle m'a toujours intimidée. Et puis j'ai sauté le pas. Et ne l'ai pas regretté.




Petits gratins amande-fraise-rhurbabe

(6 personnes)



- 3 oeufs
- 15cl de crème liquide entière
- 60g de poudre d'amande
- 30g de farine
- 120g de sucre en poudre
- 150g de fraises
- 150g de rhubarbe

Préchauffez le four à 180°C.

Laver la rhubarbe, l'éplucher et la couper en petits cubes. La mettre dans une casserole avec une cuillère à soupe d'eau, et faire cuire à feu doux 5 minutes.

Laver et nettoyer les fraises rapidement puis les couper en 4.

Dans un saladier, cassez les oeufs, ajouter la crème. Mélanger puis ajouter la farine, le sucre et la poudre d'amande.

Verser cette pâte dans des ramequins beurrés : les remplir à moitié seulement. Puis repartir les morceaux de fraise et de rhubarbe.

Cuire 20 à 25 minutes et déguster tiède ou froid.

C'est parfait avec un joli Crémant d'Alsace Rosé.

NB : cette recette est issue du Saveurs n° 168, de juin 2009.

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dimanche 12 juin 2011

Mine d'idées




En ce moment, j'ai les idées en berne mais pas l'appétit. Je me suis ruée sur le dernier Saveurs, et j'ai bien fait! Nous avons déjà testé le filet mignon de porc à l'orange et cardamome et le rôti de cabillaud au bacon et olives. Prochaine étape? Les clafoutis de pêches jaunes au nougat. Et si vous n'avez pas envie de cuisiner, l'article sur la Camargue vous donnera envie de découvrir Nîmes et Aigues Mortes.


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jeudi 9 juin 2011

"Le Diable vit à Notting Hill" de Rachel Johnson

Ok, je vous entends déjà, alors j'y consens : nous ne sommes pas devant un chef d'oeuvre. De la chick litt, tout au plus. Mais j'avoue avoir passé des bons moments en lisant ce livre. La légèreté, la frivolité du propos, la plongée dans la vie londonienne ont été bénéfiques pour mon printemps caniculaire et pas de tout repos. Alors rien que la description d'une Française par Rachel Johnson m'a offert un sourire. Si vous avez besoin de retrouver le sourire, foncez!






Clare et Mimi habitent toutes deux dans le quartier de Notting Hill, sur un square privé. Privilégiées de la capitale anglaise, elles semblent pourtant au bord du gouffre. De rendez-vous chez le coiffeur en déjeuner papotage dans le dernier restaurant à la mode, rien en semble les combler. Alors, oui, elles sont énervantes mais aussi attachantes! Et par la même, le reflet de certains pans de notre société : on voudrait être zen, anti-consumeriste, au plus près de la nature, et on pleure à chaude larmes devant une armoire pleine sur un air de "je n'ai rien à me mettre". La vie est pleine de contradictions!











Virginie.



Plus svelte que mince, elle est d'une élégance délicate et discrète qu'aucune Anglaise ne peut espérer acquérir . Toujours légèrement bronzée, elle a les cheveux d'un blond pâle qui tombent en cascade sur ses épaules. Quand elle tourne la tête, ils bougent divinement et reprennent immédiatement leur place : une vraie pub pour shampooing! Dans la journée, son uniforme ne varie pas : chemise blanche impeccable dont le col, les manchettes et les pans émergent d'un chandail en laine bien ajusté. Parfois elle se dégage le front en ramenant ses cheveux en arrière avec un ruban style Alice au Pays des Merveilles, s'enroule dans un grand cardigan en cachemire porté sur un corsaire : très Brigitte Bardot à ses débuts.



Virginie est la star du square. Quand elle apparaît, les hommes la déshabillent du regard et ne s'arrêtent que lorsque leurs femmes leur bourrent les côtes de coups.



Patrick en fait autant, surtout quand elle est de dos et qu'il peut apprécier son derrière. Elle est supermince, mais elle a une paire de fesses comme on en voit dans les vitrines des pharmacies françaises. Gideon a consacré sa vie à étudier ces publicités contre la cellulite et adore contempler les photos presque pornos de corps bronzés allongés sur le sable. Après avoir eu trois enfants, Virginie n'a nul besoin de crème pour raffermir son derrière, ce qui tient du miracle si j'en crois mes copines qui prétendent que leurs fesses se sont écroulées après leurs accouchements. Elle est aussi sensationnelle en "culottes" -ou en short de ville comme disent les magazines de mode - et en ballerines, la tenue la moins seyante du monde. Quand je l'ai fait remarquer à Gideon, il m'a répondu en se léchant les babines qu'elle devait être encore mieux sans-culotte. J'ai froncé les sourcils et aussitôt changé de sujet. Sally Avery s'est-elle aperçue de quelque chose? Elle n'est pas du genre à fermer les yeux.



Mathieu et Virginie ont Guy, un gamin de neuf ans aux gros genoux. Et puis les jumelles, Capucine et Clementine, toujours vêtues à l'identique de robes en coton rose pâle, d'un cachemire assorti, de socquettes blanches et de babies roses de chez Bonpoint.



Inutile de préciser que les enfants Lacoste sont bilingues et qu'ils vont ou iront tous au Lycée français. Virginie est donc la seule mère de famille de l'ouest de Londres que l'éducation de sa progéniture ne stresse pas. Cela la libère énormément et lui permet de faire des tas de choses, avec cent pour cent de réussite. Non seulement elle a apparemment un nouvel amant. Mais elle a trois enfants. Et un mari. Et trois maisons dans deux pays (deux en France, une ici). Et, en plus, elle mange - ce qui est exaspérant.



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dimanche 5 juin 2011

Et la vie revient.

Quatre mois sans écrire une ligne, cela paraît long. Mais le temps est passé si vite que je ne sais plus très bien où j'en suis. La vie s'accélère et j'ai parfois des difficultés à la suivre. Il est vrai que je ne suis pas une reine de la vitesse. Reste que mes fenêtres de solitude (bénéfique) s'ouvrent de plus en plus pour me permettre de lire et de me remettre à la popotte. Alors vous n'aurez ni le récit des varicelles des asticots (ça, c'est fait!), ni celui du vélo sans roulettes de Petit Bonhomme, de la découverte des paillettes de Jolie Princesse ou des côtes fêlées du Prince Charmant, mais mes lectures et petits plats. A très bientôt.


vendredi 11 février 2011

Bientôt, sur vos écrans...


Je suis fan de thé. J'ai mis longtemps avant de l'apprécier, tant j'ai goûté de mauvais thés, aux tanins amers. Depuis, je cible. J'ai trouvé cet assortiment Kusmi, avec dexu sachets par variétés. Les résultats sont hétérogènes mais l'étude n'est pas finie. Je vous tiens au courant...
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dimanche 6 février 2011

Hier, nous avions envie de soleil dans notre assiette. Voici une recette simple, légère, à préparer en petites cocottes.

Cocottes de cabillaud à l'anis
(4 personnes)

  • 4 pavés de cabillaud
  • du vin blanc
  • des tomates cerises
  • de l'huile d'olive
  • un petit bouquet de basilic
  • des grains d'anis vert

Laver les tomates, les couper en quartier et les déposer au fond des cocottes. Poser dessus le cabillaud. Ajouter un tiers de verre de vin blanc par cocotte, puis une demie cuillère à soupe d'huile d'olive. Saler, poivrer. Ajouter le basilic ciselé et une cuillère à café de grains d'anis.

Passer au four 20 minutes à 200°.

PS : pour réhausser l'arôme d'anis, on peut ajouter quelques gouttes de Pontarlier.

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dimanche 9 janvier 2011

Des voeux et de bonnes résolutions...

C'est toujours comme cela que ça commence, une nouvelle année. On se souhaite de belles choses, on s'en promet d'autres, non moins belles. Pour ma part, je ne ferai pas de plan sur la comète. Je sais à quel point mon organisation est bancale pour l'instant. Peu de posts, peu de temps libre par ailleurs. Alors pour 2011 je souhaite juste profiter des beaux moments que la vie offre.
(je sais, ce sont des photos de printemps, mais la neige, le froid, le vent, j'ai ma dose, je crois! Vite un thé pour me réchauffer!)









samedi 30 octobre 2010

Vous les copains, je n'vous oublierai jamais

Il y a des films comme ça, qui semble un peu long, pas vraiment marquant. On sort de la salle en se disant "c'était chouette, les émotions étaient au rendez-vous mais bof". Et puis ne marchant, on refait le film. En mangeant, on en reparle, on analyse. Et puis on se rend compte qu'il s'est glissé au fond de nous et que sa force se glisse dans les petits détails. Avec Guillaume Canet, nous commençons à nous habituer à nous prendre des claques. Celle-ci est plus douce (OK le scénario aurait pû être poussé encore plus loin) mais plus marquante aussi. Je suis tellement étonnée par la réussite qu'il a pour tirer le meilleur de chacun de ses acteurs, pour faire ressentir des émitions et pour la qualité de ses images. Alors je ne vous dirai pas que François Cluzet est (comme souvent) parfait en psycho-rigide-stressé, que Gilles Lellouche en loseur-fêtard est le plus attachant, que Benoît Magimel me ravit et que Valérie Bonneton est parfaite. Mon seul regret est le personnage pas assez poussé de Pascale Arbillot. Mais sinon, courez-y!






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mercredi 22 septembre 2010

Petit loulou deviendra grand



Il ya une semaine, Petit Bonhomme a soufflé cinq bougies. Lui qui si peu les gâteaux, n'a pas résisté à de jolies madeleines à la vanille et au rapadura, accompagnées de compotes de quetches. La recette est toujours la même et guère originale. Mais la variante qui consiste à remplacer la moitié du sucre en poudre par du rapadura donne un résultat étonnant: la madeleine n'est plus très sucrée mais s'ambre et son coeur a un arôme de caramel prononcé. C'est étonnant et parfait avec l'acidulé des quetsches.
Merci à Petit Bonhomme pour cette inspiration. Merci aussi à Eleonora, son blog est toujours une mine d'idées, et je suis comme elle, la quetsche reste le passage obligé vers l'automne.
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vendredi 17 septembre 2010

Un dimanche ordinaire

J'aime les dimanches d'automne, quand le soleil est encore un peu chaud et lumineux, que l'été ne semble pas si loin, que le hamac semble encore vouloir servir, un peu, une dernière fois. J'aime les dimanches d'automne qui nous font croire que nous avons encore un peu le temps. Le temps de quoi, d'ailleurs? Le temps de tout et de rien, de flâner le nez au vent, de lire sans voir le temps passer, de regarder l'eau chauffer dans la bouilloire. J'aime les dimanches d'automne qui se parent de couleurs chaudes et de lumières douces. J'aime les dimanches d'automne quand les jardiniers (pas forcément du dimanche!) mettent en scène leurs végétaux et s'amusent. J'aime les dimanches d'automne et leur parfum de temps qui passe.


Bon weekend!

















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mercredi 15 septembre 2010

Goûter parfait!

C'est en passe de devenir mon nouvel incontournable. Et pourtant il n'est ni grand (10 x 13 cm), ni cher (3,50 €). C'est un petit livre de recettes, "Petits goûters des écoliers" dans la collection "Les Mini" de Larousse. J'ai testé pour commencer les Petits pots de crème au yaourt et au chocolat. Je pensais devoir les manger seule mais le Prince Charmant est passé par là. Lui qui n'aime pas les desserts d'habitude, il a goûté une cuillère et m'a pris le pot des mains. J'adore!
Petits pots de crème au yaourt et au chocolat
(pour 6 pots)
  • 160g de chocolat noir à cuire
  • 20 cl de lait entier
  • 25g de sucre en poudre
  • 1 sachet de sucre vanillé
  • 3 yaourts nature

Faire fondre le chocolat. Une fois fondu, lui ajouter le lait, doucement en mélangeant à mesure, le sucre en poudre et le sucre vanillé, puis les yaourts. Remplissez les pots et les mettre au réfrigérateur pendant 3h minimum.

Notes:

1/ avec un peu de poivre de Seichouan et de cardamome, c'est un peu relevé

2/ il faut que ce soit bien froid, mais on peut les accompagner de lamelles de poire ou d'amarena. Nous, comme il nous restait un fond de Pinot Noir jurassien (une cuvée Louison 1999 de Stéphane Tissot) et c'était merveilleux. Le chocolat révélait le fruité cerise du vin et le vin soulignait finement l'amertume du chocolat. Une jolie expérience.

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lundi 13 septembre 2010

Carnet de vacances - Montolieu

Montolieu, c'est un petit village que j'aime bien. A quelques kilomètres de Carcassonne, on y sent le souffle de la Montagne Noire, sa dureté et ses trésors. L'Alzeau et la Dure s'y rejoignent et leurs gorges sont appréciées de baigneurs. L'apéro, à la terrasse du café de la Mairie, est savouré. Et ses ruelles, étroites, sinueuses, chantent les mélodies du Languedoc, de l'époque où la fabrique de draps était toujours en activité. Mais Montolieu, c'est d'abord un village dédié aux livres et aux arts graphiques, avec son atelier de reliure, où les écoliers des alentours apprennent à créer un livre de l'histoire à la reliure, en passant par l'impression et la confection de la couverture. Et si votre Prince à vous est pêcheur comme le mien, les truites de la Dure pourront apprécier ses mouches...











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samedi 11 septembre 2010

C'est la fin de l'été



Je ne vais pas vous chanter "Colchique" comme à chacune de mes rentrées (bucoliques) de primaire. L'été a été bien rempli, mais il me faut un peu de temps pour le digérer. Et puis, le retour dans la réalité n'est pas toujours aussi agréable qu'on l'imagine. Avant, j'avais le temps d'atterrir, de reprendre mon souffle. Cette année, j'ai été passée dans la centrifugeuse dès le premier jour: Super Nounou en mode off pour raison familiale, travail accumulé non résolu. Bref, le retour dans le grand marasme a été brutal. Ce qui ne me réjouit pas, c'est que cela risque d'être comme ça tous les ans. Et que cela semble être la même chose pour tout le monde.

Alors je me replonge dans cet été en pente douce, peu rempli mais bien rempli. Pour l'estomac et les papilles, vous avez déjà senti le souffle du Sud. Pour les oreilles, j'ai découvert Maurane en concert, dans un cadre magnifique (le Château l'Hospitalet à Narbonne, lors de son festival de jazz). A vrai dire, ces billets de concert étaient le cadeau d'anniversaire du Prince Charmant. Il aime Maurane. Et moi, j'aime Nougaro. D'une pierre, deux coups.
Après quelques péripéties (un bouchon sur l'autoroute, pas de restaurant autre que la baraque à frites de Narbonne Plage - mais c'était adorable et tellement estival!), nous nous sommes installés (un peu loin, certes) dans le soleil couchant dans le public. Et le show a commencé. Pas un show à l'américaine, non, le propos ne s'y prêtait pas. Mais une vraie énergie se dégageait de Maurane, de ses musiciens. Et moi qui redoutait un peu sa belgitude, j'ai vraiment apprécié l'hommage qu'elle a rendu à Nougaro, avec sa verve et les "pierres qui roulent dans son accent".

Je ne sais pas si elle tourne encore avec ses chansons-là. Mais même si c'est avec d'autres, foncez la voir.

PS: il faut vraiment que je trouve un zoom performant pour mon joli joujou!





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dimanche 29 août 2010

La cinquième saison

C'est ainsi qu'est appelé le passage de l'été à l'automne dans la médecine chinoise. Jusqu'à ce matin et la lecture de mon "Version Femina" hebdomadaire*, je ne la connaissais pas. Mais je la soupçonnais. Mon corps a toujours eu besoin d'une remise en forme à cette période-ci de l'année. Je commence à perdre mes cheveux, à avoir besoin d'une petite laine le soir et j'ai des envies de tisanes odorantes et réconfortantes. Et comme il est toujours de saison, mon petit panier a apporté une touche inespérée de parfums d'enfance: la mirabelle! Alors oui, elle est d'Alsace et donc moins parfumée que sa cousine de Lorraine ** (oh! mon pays!) mais elle est aussi charmeuse. En tarte, avec un peu de sucre et une belle pâte sablée (la recette est ici), elle était parfaite pour le goûter!




* Mais si, vous savez, le petit supplément de certains quotidiens régionaux! Ici c'est le cas avec "L'Alsace" du samedi et c'est un rituel. Comme la journée d'hier a été chargée, je me suis rattrapée avec mes tartines de ce matin.


** Voilà, je me suis fait des ennemis! Heureusement que personne ne lit ce blog! ;)

lundi 9 août 2010

Les vacances commencent bien...

... à Aragon, un petit village du Cabardès. A la très belle table de Priscilla et Fabien Galibert, La Bergerie. Les menus sont à prix doux, l'accueil chaleureux, la carte des vins régionale et plus qu'abordable. Tout est appliqué, sobre et clair, accueillant. Même Jolie Princesse a eu son petit pot réchauffé à température idéale et magnifiquement présenté! Courez-y très vite!
La Bergerie - 11600 ARAGON - tel: 04 68 26 10 65





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lundi 5 juillet 2010

Canicule

Il fait trop chaud, décidément trop chaud. Ce début d'été ressemble furieusement à la fin de l'été dernier: canicule et recherche de fraîcheur. Malgré notre maison aux murs anciens et épais, le moindre mouvement produit son flot de transpiration! Jolie Princesse en fait les frais: otite et bronchite réunies. Alors depuis quelques jours, un petit air me trotte dans la tête. Ce n'est pas le "Il faut chaud" repris par Patricia mais bien la chanson d'une pub qui envahit nos écrans tous les étés, ou presque:


la version originale:



la version actuelle:



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samedi 26 juin 2010

Et maintenant, que vais-je faire?

J'ai lu Charlie Hebdo et écouté Synergie. France Inter est depuis presque 20 ans ma radio. Elle rythme mes journées. Mais comme François Morel, elle ne me fait plus rire.

lundi 14 juin 2010

Au menu du weekend...

Il était temps de réagir! Outre le fait de changer le look de ce blog, nous avons (dans le désordre):

regardé fleurir la vigne

mangé du soleil sous forme de ratatouille verte


cuisiné du lapin au vin blanc
admiré les plantations de Petit Bonhomme

savouré des muffins aux pépites de chocolat avec un thé à la violette

et contemplé la résurrection des géraniums!

mercredi 9 juin 2010

"Les déferlantes" de Claudie Gallay


En ce moment, quand je découvre un auteur qui me plaît, j'en fais une boulimie. C'est exactement ce qui m'arrive avec Claudie Gallay. C'est Patricia qui m'avait mis la puce à l'oreille quand elle a parlé des "déferlantes". Immédiatement, j'ai eu envie d'en savoir plus. Le roman, fraîchement sorti, était bien sûr sur-réservé à la médiathèque. Je me suis rabattue sur ses premiers romans: "Dans l'or du temps" et "Seule Venise". Grand bien m'en à pris. Ils sont remarquables.

J'ai toujours beaucoup de mal à expliquer ce qui me plaît dans un style, chez un auteur. Patricia le fait bien mieux que moi et j'aurais peur de copier ce qu'elle a dit du roman. Ici, je crois que ce sont les mots, mis un peu en vrac sur le papier, cette forme de spontanéité, qui me séduisent. Les personnages torturés aussi, comme chez Gavalda, je suis d'accord. Mais je dois être une grande sentimentale et le pouvoir de Claudie Gallay de me faire vivre, vibrer comme ses personnages est très grand. Un signe ne trompe pas. Quand Jolie Princesse me réveille, par un cri, un pleur (elle parle assez dans son sommeil!), il faut que je me fasse violence pour ne pas ouvrir ses romans, quelque soit l'heure de la nuit. Je suis happée par ses romans.

"Les déferlantes" ne fait pas exception et ses 525 pages ne m'ont pas fait peur. A la fin, je crois que la houle et l'iode entraient dans notre maison, au fond de l'Alsace! Mais ce sont les personnages secondaires qui ici donnent la puissance au récit. D'ailleurs secondaire est mal choisi. Annexe serait plus judicieux tant chacun a son importance. Faites le disparaître et plus rien n'aura la même saveur. La Cigogne, Max, Monsieur Anselme. Et puis la mer avec son lot de marées, vents, grisailles. Son atmosphère imprègne chacun et sa présence envoûte. Dans "Seule Venise", la ville et la lagune ont le même rôle pillier de l'histoire. Page 18, elle plante le décor.




Ça a duré des heures, un déluge effroyable. A ne plus savoir où était la terre et où était l'eau. La Griffue tanguait. Je ne savais plus si c'était la pluie qui venait cingler les vitres où si c'étaient les vagues qui montaient jusque-là. Ça me donnait la nausée. Je restais, les cils contre les carreaux, mon haleine brûlante. Je m'accrochais aux murs.

Sous la violence, les vagues noires s'emmêlaient comme des corps. C'étaient des murs d'eau qui étaient charriés, poussés en avant, je les voyais arriver, la peur au ventre, des murs qui s'écrasaient contre les rochers et venaient s'effondrer sous mes fenêtres.

Ces vagues, les déferlantes.

Je les ai aimées.

Elles m'ont fait peur.

Il faisait tellement nuit. A plusieurs reprises, j'ai cru que le vent allait arracher le toit. J'entendais craquer les poutres.

J'ai allumé des bougies. Elles fondaient, des coulées de cire blanche sur le bois de la table. L'étrange pellicule brûlante. Dans la lumière d'un éclair, j'ai vu le quai, il était inondé comme si la mer était remontée sur les terres et avait tout englouti. Il y a eu d'autres éclairs. Des éclairs, comme des barreaux. J'ai cru que ça n'en finirait pas.

Raphaël était dans son atelier, une vaste pièce juste au-dessous de ma chambre. Un plancher en bois nous séparait. Je l'entendais. Je pouvais le voir aussi, il suffisait de me coucher sur le sol et de coller mon oeil, un petit espace entre les lattes, sous le tapis, quelques millimètres.

Tout le monde disait qu'il était impossible de vivre ici, si près de la mer. Tellement près, on aurait dit qu'on était dedans.

Etait-ce le jour? la nuit? J'ai essayé de dormir. Il faisait trop chaud sous la couette. Trop froid en dehors. J'ai fermé les yeux. J'ai revu la tôle. Son ombre. J'ai entendu la voix de Lambert mêlée à la nuit, le crissement désagréable de la tôle. Le clic-clac de ma montre à mon poignet, tout ça s'est mélangé. Je me suis réveillé, je suais.

Le conduit du poêle traversait ma chambre, il chauffait l'air et ressortait par le toit. C'était un conduit en fer-blanc. La chaleur faisait vibrer le tuyau.

Raphaël marchait, on aurait dit les pas d'un fauve dans sa cage, c'est pour ses sculpture qu'il avait peur. Que du plâtre, de l'argile. Il disait qu'il suffisait qu'une vitre éclate pour que tout soit englouti.

Il bourrait son poêle de bûches comme si le feu pouvait faire reculer la mer.

Je l'entendais qui gueulait.

- Cette maison a tenu, elle tiendra encore!

Je me suis collée à la fissure. Il avait allumé les grands candélabres. Avec les statues, son atelier, on aurait dit une église.

J'ai regardé ma blessure, dans la lumière d'une bougie. La plaie était devenue sombre, presque mauve.

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