lundi 6 octobre 2008

Mère-fille


photo: Comptoir des Cotonniers collection PE et AH 2002

Le Comptoir des Cotonniers est une marque que j'aime depuis longtemps. Exactement depuis que je l'ai découverte au cours de mes études, dans la fin des années 90. Les premières boutiques ouvraient. Leurs prix ont passablement augmentés depuis, même si la qualité de leurs vêtements et l'intemporalité de leurs basiques me séduisent toujours autant (et l'ouverture de leur e-boutique ne va pas arranger mes relations avec mon banquier!). Le thème de leurs campagnes, depuis bientôt 10ans, est la relation "mère-fille", histoire de ne pas enfermer leur image dans l'âge de leurs clientes. Les photos sont belles, généralement, et donne ce je-ne-sais-quoi d'accessible qui me fait penser que oui, ces vêtements-là sont tout à fait portables dans la vraie vie. Et ma réflexion s'est arrêtée là.




source: Comptoir des Cotonniers (collection AH 2008/2009)




Une remarque entendue à la radio m'a interpellée: on ne distinguerait pas les mères des filles et cela témoignerait de la course actuelle et effrénée au jeunisme! Diantre! Rien que ça. Je suis restée perplexe et l'idée à fait son bout de chemin dans mon cerveau. Les photos sont belles, je le répète. Les photos de mode, et encore plus de campagnes publicitaires mentent, on le sait. Tout le monde le sait. Si moi, je suis capable de bidouiller avec Photoshop, que sont capables de faire les pros? A partir de ce moment-là, pourquoi toujours rêver de ressembler à ces photos de papier glacé? Il serait bon de relire Platon et son mythe de la caverne... (je l'ai étudié en long en large et en travers en terminale, il faut tout de même que je le ressorte un jour...)


La une de Elle m'inquiète un brin plus: "Plus jeune, plus mince, plus longtemps". Au secours. Voilà qu'on nous promet, de façon à peine déguisée, la vie éternelle. Pire la jeunesse éternelle! Plus le temps passe et plus je me sens épanouie, je ne suis pas sûre de regretter mes 20ans, mon manque de confiance en moi, mes tatonnements, mes doutes et l'étendue inconnue qui se présentait devant moi. Aujourd'hui, j'ai vécu mille choses passionnantes et je sais que si je veux, mille choses passionnantes m'attendent encore. Que le bonheur se trouve autant à l'autre bout du monde qu'en bas de chez moi, pour peu que je veuille bien l'accueillir. Et la jeunesse du corps ne me préoccupe pas (encore?). Je ne passe pas mon temps devant un miroir, j'essaie de masquer, en dilettante, quelques cernes plus marquées qu'autrefois, un ventre moins plat depuis que Petit Bonhomme y a fait son séjour de neuf mois. Mais dans quinze ans? Voudrais-je avoir recours au Botox? Regretterais-je de ne plus attirer l'oeil des hommes qui auront alors l'âge de mon fils?

Serait-ce la trentaine le plus belle âge de la vie?

_

3 commentaires:

Patricia a dit…

Pour moi, c'est clair, j'ai détesté avoir vingt ans ! J'ai très largement préféré cette trentaine (que je quitterai l'an prochain) et même si le matin, je mets un peu plus d'anticerne et que je lorgne plus souvent du côté de la balance en me demandant si elle fonctionne bien, je suis ravie d'avoir laissé derrière moi cette vingtaine !

Aneth and Co a dit…

Je trouve qu'une femme plus âgée a tellement plus d'allure, de caractère, de charisme qu'une fille de 20 ans! Bref, je te souhaite une très belle fin de trentaine...

Patricia a dit…

En même temps, à 20 ans, même le 36 m'allait parfois trop grand...