dimanche 25 octobre 2009

Parenthèse

Parenthèse, le mot est mal choisi sans doute. Disons plutôt que le temps n'étant pas extensible (sauf cette nuit), je ne le trouve plus pour écrire correctement. Et comme je ne veux pas forcément bacler la chose, je m'abstiens. Diverses idées viennent pourtant. Je les garde doucement dans un coin de ma tête (et de mon blog). Patience.

Au programme de nos prochaines semaines: une semaine chargé, un weekend de retour à mes sources lorraines, un salon à Strasbourg et un retour aux sources franc-comtoises du Prince Charmant. En attendant: on dorlote Petit Bonhomme qui a fait sa laryngite traditionnelle d'avant vacances de la Toussaint et on regarde grandir Jolie Princesse, toujours aussi zen et qui door toujours aussi peu le jour...

lundi 19 octobre 2009

Marabout, bout d'ficelle...

Voilà un mois que Ficelle m'a tagué. Et je ne réponds que maintenant. Pas bien!!! Je répare ma faute de suite...
Il s'agit donc de citer 5 livres écrits par des femmes et que j'ai aimé. Ça paraît facile. Et puis, finalement, ce n'est pas évident. Si j'aime lire, j'ai mes lubies (les romans policiers entre autre... comment ça vous aviez remarqué???). Et j'ai peur de me répéter. Alors voici:
  • "Dix Petits Nègres" d'Agatha Christie. Le premier roman d'elle que j'ai lu. Et qui m'a marqué. Elle reste parmi mes auteurs fétiches. J'aime tellement l'atmosphère de ses romans, la petite bourgeoisie british et ses perfidies.
  • "Le Blé en Herbe" de Colette. La découverte de cette plume si jolie. Sa vision de la vie.
  • "Bonjour, tristesse" de Françoise Sagan. Parce qu'elle est tout ce que je ne suis pas: désinvolte, flambeuse, pleine de vie. Son univers me fascine. Et son écriture aussi.
  • "Je voudrais que quelqu'un m'attende quelque part" d'Anna Gavalda. Le premier roman d'un auteur que je suis pas à pas. Et dont les romans m'habitent encore longtemps après que je les ai lus.
  • "L'Amant" de Marguerite Duras. Que je peux lire et relire jusqu'à sentir le bruit du fleuve dans mes oreilles.

Et comme je suis TRES méchante, je ne taggue personne... Bouh! la vilaine...

mercredi 14 octobre 2009

"Le Miroir de Madame Edouard" de Bernard Villiot et Muriel Kerba



Les séances de lecture à la médiathèque restent, pour Petit Bonhomme et pour moi de vrais moments complices. Jolie Princesse nous accompagne souvent. Elle a même reçu, en cadeau de naissance, un abonnement d'un an... dont elle n'a pas encore usé! Il est vrai que pour le moment, elle aime surtout les livres en tissu... pour baver dessus!


"Le Miroir de Madame Edouard" et son bestiaire nous ont plu: Petit Bonhomme a apprécié les rimes, les animaux qui se transforment et l'air théâtral qu'on prend malgré soi en le lisant; moi, j'ai aimé les graphismes, les couleurs pétantes, les dessins chatoyants.


Encore un (bel) ouvrage lu et approuvé!
_

mercredi 7 octobre 2009

"Comme cochons" de Soledad Bravi


Il y a bien longtemps que je n'ai pas alimenté la rubrique "lu et approuvé par Petit Bonhomme"... Et pourtant, il lit le coco! Voici un livre emprunté à la médiathèque, et pour lequel nous avons reconduit l'emprunt au maximum! Deux fois deux mois séparés par un mois! Il ne voulait plus le lacher. Et quand nous avons été contraint de le rendre définitivement, les larmes ont coulé, me forçant à aller le commander à la librairie (enfin, cela n'a jamais été une torture non plus, d'entrer dans une librairie; en ressortir les mains vides, oui, par contre).


Ce petit livre presque cubique est rempli d'illustrations de Soledad Bravi, que vous connaissez si vous lisez Elle. Fonelle débridée ou l'horoscope en folie c'est elle! Petit Bonhomme craque pour ses dessins, les proverbes ou expressions illustrées. Mais la cerise sur le gâteau: les phrases sont courtes, écrites en gros caractères et lui donnent envie de lire! Ok, il n'a que 4 ans mais est tellement demandeur que je ne sais plus comment faire. J'ai ici trouvé un moyen ludique pour lui répondre sans en avoir l'air...

dimanche 4 octobre 2009

Automne



Les feuilles mortes commencent à se ramasser à la pelle et je n'ai plus guère de temps devant moi. Petit Bonhomme a repris le chemin de l'école, matin et après-midi même si "c'est trop long Maman, je suis fatiguée"... Jolie Princesse a trouvé ses marques chez Nounou même si "elle ne fait jamais de sieste l'après-midi!!!!". Et le Prince Charmant m'aide énormément. De mon côté, mille questions me tournent dans l'esprit, et l'adéquation de mon job avec mes préoccupations actuelles et un rythme pris un peu plus lent est au centre de mes tourneboulages de cerveau. Heureusement, l'automne arrive avec son lot de saveurs à exploiter: pommes et poires, noix, champignons et potiron, vin nouveau et pain à l'épeautre... On se donne rendez-vous bientôt pour en reparler??

lundi 28 septembre 2009

Visite privée

Dans la famille, je découvre l'eau chaude, demandez la mère: Aneth! Oui ok, ce site a été sité par Géraldine il y a des lustres... Il m'avait plu... et je l'avais oublié. Voilà qu'il resurgit par l'intermédiaire du Twitter d'Anne-So (n'étant pas geekette, je n'en ai toujours pas compris le principe mais on s'en f***...) et l'article sur Inès de la Fressange.



The Selby pour ne pas le nommer est le site de Todd Selby, photographe de mode. Il pousse la porte des appartements, des ateliers. Le résultat donne des visites guidées aux quatres coins du monde chez des artistes, acteurs, etc.. Le petit plus du site? Les photos ne sont pas mornes et vides. Au contraire, on voit les occupants en action, le rangement n'est pas toujours nickel car les intérieurs vivent, comme chez vous et moi. A la différence près que, perso, je n'ai pas forcément les moyens ou l'inventivité d'Inès...

photo: Todd Selby

_

jeudi 24 septembre 2009

Comment faire aimer les courgettes aux enfants?

Petit Bonhomme, comme beaucoup d'enfants, n'est pas un grand fan de légumes. Les courgettes ne font pas exception à la règle. Voici une recette simple, qui se marie avec des grillades ou une viande en sauce (tomate, ça marche bien). Ces blinis se dégustent aussi très bien froids.

Blinis de courgettes
(pour 6 personnes)

  • 600g de courgettes (environ 6 petites courgettes)
  • 2 gousses d'ail
  • 150g de farine
  • 3 oeufs
  • 20cL de lait
  • 2 cuillères à soupe de persil haché
  • 1 cuillère à soupe d'huile
  • sel, poivre

Préchauffer le four à 180°C.

Laver et éplucher les courgettes. Les égrainer si nécessaire. Vérifier le poids de chair. Râper finement les courgettes.

Dans un récipient, mélanger farine, oeufs, lait. Ajouter les courgettes, l'ail haché et le persil haché. Saler et poivrer.

Faire chauffer une poêle avec un peu d'huile. Déposer des petits tas de pâte et faire dorer les blinis des deux côtés.

Placer les blinis dans un plat qui va au four et finir de les cuire au four 5 minutes.




_

lundi 21 septembre 2009

Pourquoi j'ai choisi de ne pas allaiter...

C'est en lisant le post d'Isa que cela m'est revenu. Pas que je l'avais oublié, non, plutôt que je n'y pensais plus. Quand on me parle d'allaitement, tellement à la mode et encouragé en ce moment (et à juste titre!), j'ai ce petit pincement au coeur...




Quand j'attendais Petit Bonhomme, je ne m'étais même pas posé la question. Je lui donnerai le sein. C'était si naturel, si bénéfique, si beau. J'avais tout ce qu'il fallait: une bible inégalée et très claire: le livre de Marie Thirion, et des femmes qui avaient réussi et vécu pleinement leur allaitement. Il y aurait des embûches sans doute, mais il fallait le faire. Je ne pensais pas me heurter à un tel mur: mon caractère.




Quand Petit Bonhomme est né, les deux premières semaines ont été un enfer. Il pleurait souvent, tétait tout le temps le même sein (l'autre donnait si peu!) et surtout... me sollicitait souvent. Ne pas savoir s'il avait faim me minait le moral. Ne pas savoir s'il avait assez bu encore plus. Il était déjà si menu... Après une mammite, de la fièvre et un retour à la maison sous forme de loque pleurant tout le temps, je n'en menais pas large. Un soir, le Prince Charmant m'a pris dans ses bras et m'a dit "et si j'allais chercher des biberons?". Sans qu'on en parle, il avait compris. Et mon rapport à mon fils à changer. J'ai pris plaisir à le prendre dans mes bras, à jouer avec lui, même si petit, à lui chanter des berceuses, même fausses.





Alors quand j'ai su que Jolie Princesse allait venir égayer notre vie, ma décision a été vite prise. Elle serait nourrie au biberon, mais avec tellement d'amour. Et j'avoue que je ne regrette rien, je crois que nous en sommes tous plus heureux.



Je ne veux pas remettre en cause l'allaitement. Je crois toujours que c'est la meilleure façon de nourrir un bébé... quand on y arrive. Mais je crois aussi qu'il ne faut pas culpabiliser de ne pas y arriver. L'essentiel est de s'occuper de son enfant avec amour.

vendredi 18 septembre 2009

Douceur d'automne

Il y a peu, j'en avais déjà envie. Comme un avant goût d'automne. Quand nous avons reçu notre joli panier de légumes, le Prince Charmant a dit "Voilà, maintenant l'automne est là!". Comprenez: de la courge muscade, du raisin, des poires et... des quetsches. Je m'en régale tous les ans et cette année, point de mode lorraine, plutôt un accent alsacien pour ces petites amandines, délicieuses au goûter avec un grand thé chaud...

Amandines aux quetsches
(pour 12 petits gâteaux)

  • 18 quetsches
  • 300g de farine
  • 300g de sucre
  • 240g de beurre fondu
  • 4 oeufs
  • 100g de poudre d'amandes
  • 2 cuillères à soupe de cannelle

Préchauffer le four à 180°C et beurrer les moules.

Fouetter les oeufs avec le sucre et la cannelle, ajouter le beurre fondu, la farine et la poudre d'amandes. Répartir cette préparation dans les moules.

Couper les quetsches en deux et les répartir dans les moules.

Faire cuire 30 minutes.

_



mardi 15 septembre 2009

Et de 4, Petit Bonhomme!


Petit Bonhomme a aujourd'hui 4 ans. Si tout va bien, il a 4 ans à l'heure où se post est publié. Que de souvenirs... Mais ne soyons pas nostalgiques. Profitons de Petit Bonhomme aujourd'hui. Et de son sens de l'exactitude.

Nous deux, mercredi 9 septembre.


Maman - Tu sais, je reprends le travail lundi. Donc je n'aurai pas le temps de préparer tes gâteaux d'anniversaire pour l'école. Tu fêteras donc ton anniversaire vendredi, le 11. On fait toujours des muffins aux pépites de chocolat?

Petit Bonhomme - Mais mon anniversaire, c'est le 15, pas le 11!

Maman - Oui, je sais. Mais pour le 15, je n'aurai pas le temps. Alors tu le fêteras le 11...

Petit Bonhomme - Mais mon anniversaire, c'est le 15, pas le 11!...

(à ce stade, vous pouvez faire plusieurs copier-coller)

Après quelques minutes, l'information est arrivée à bon port. Depuis, toute l'école sait que j'ai repris le travail le lundi 14 et que c'est pour ça que Petit Bonhomme a fêté son anniversaire le 11...

_

lundi 14 septembre 2009

Working Girl


Lundi 14 septembre. 8:00. Normalement, je suis au bureau. Reprise aujourd'hui. Pffff! J'veux pas y aller! C'est trop dur, je vais devoir me lever à 6:00 et laisser mes petits bouts chez des tortionnaires aussi horribles que les maîtresses de maternelle et Nounou (que Petit Bonhomme m'a réclamé à corps et à cris la dernière semaine du mois d'août et chez qui Jolie Princesse a dormi comme un ange). Comment une maman normalement constituée pourrait-elle laisser faire ça?


En même temps, c'est dur à dire mais: JE N'EN PEUX PLUS DE RESTER A LA MAISON!!!! J'étouffe, je me flétris, je regarde "Plus belle la vie" et les "Chiffres et les Lettres"... euh, non, pas encore quand même! Mais je veux sortir du cercle infernal: couches-biberons-lessives-repassage-école etc... Je ne veux plus que mes discussions d'adulte se limitent, dans la journée, au bonjour-bonsoir-il fait beau d'avec la boulangère ou aux nouvelles de la santé de ma charmante mais "assez âgée" voisine. Je sais, il ne faut pas prendre les choses comme ça. Je n'y arrive pas. J'ai juste l'impression de disparaître socialement. De lire le soir dans le regard du Prince Charmant: "tu es en vacances, tu peux bien faire ça". Même s'il ne le pense pas.

Alors oui, j'ai honte mais:



je veux retourner au boulot.





Note: ok, je vous raconte dans quelques temps si je pense encore cette atrocité...

vendredi 11 septembre 2009

"Dans l'or du temps" de Claudie Gallay

A l'automne dernier, Patricia me donnait l'eau à la bouche avec les "Déferlantes" de Claudie Gallay. Je n'ai pas encore ouvert ce roman-là, mais quand, il y a quelques temps, j'ai trouvé "Dans l'or du temps" à la médiathèque, j'ai pensé que c'était un premier pas vers cet auteur. Je n'ai pas été déçue. J'ai trouvé un style fait de petites touches de couleur, de phrases brèves mais précises. On s'imagine très vite dans la maison d'Alice et de Clémence, avec son jardin, son verger, sa verrière. Sans description en tant que telle, on se laisse transporter par le récit. Pour moi, le jardin est anglais, un peu fou mais étudié, avec des roses anciennes, la salle à manger est forcément sombre, avec des murs vert jade et de vieux tissus aux couleurs défraîchies. Les odeurs sont presque présentes aussi. Et puis, outre l'atmosphère qui sied à cette fin d'été, la rencontre d'Alice et du narrateur, les souvenirs qu'il lui fait évoquer deviennent vivants et fascinants. On est presque étonné de découvrir des secrets, de constater que ni l'un ni l'autre ne sortiront indemnes de cette relation. Avec une grande économie de moyen, un tracé un peu flou, de petites touches précises, le tableau se dessine et impressionne à la manière d'un Seurat.


Un été en Normandie. Dans une maison en bord de plage, un jeune couple et leurs jumelles s'installent dans leurs vacances. Jeux de plage, baignades et promenades tissent le quotidien des jours. L'homme, cependant, s'échappe de plus en plus souvent pour rendre visite à une vieille dame singulière, Alice Berthier, rencontrée par hasard. Sa maison, derrière un portail envahi de lierre, semble figée par le temps. Des fétiches sacrés, livres, photographies, s'entassent dans les armoires, toute une mémoire liée à une tribu indienne, les Hopi. Dans un jeu de conversations fascinantes, Alice va distiller des pans de son histoire: son voyage, adolescente, en Arizona, dans le sillage d'André Breton, la fascination des surréalistes pour la culture sacrée des Hopi. Mais, de visite en visite, alors que l'homme semble pris au piège de cette rencontre, Alice va progressivement révéler le secret de sa vie.


Choisir un extrait n'était pas évident. Celui-ci me semblait adapté pour dépeindre l'atmosphère des conversations sans trop dévoiler l'intrigue.


Je suis retourné chez Alice. Je voulais lui rendre les lettres. Je me souviens, c'était un mardi. Le laitier était passé. Il passait toujours le mardi. Il apportait deux litres qu'il laissait dans un panier prévu à cet effet et qui était accroché à la grille.
J'ai pris les bouteilles.
Le jardin était mouillé. Les feuilles des brugmansias pendaient. Les fleurs de géranium. Les tulipes pliées sur leurs tiges.
Alice était sous la verrière. Quand elle m'a vu, elle s'est levée. Le datura avait fleuri. C'était sa première fleur.
Elle m'a montré.
-Hier, quand Clémence est venue voir, il n'y avait rien, et ce matin, la fleur est grande ouverte.
Les pétales, leur couleur, bleu vif et les reflets mauves à l'intérieur.
On aurait dit du velours. Ou autre chose. L'intérieur d'un sexe de femme.
Je me souviens avoir pensé cela.
D'autres fleurs étaient en bouton. Pour d'autres jours. Dans d'autres pots.
-Les fleurs de datura ne durent qu'un jour. Cette fleur est là, et ce soir, elle sera morte.
J'ai posé les bouteilles de lait sur la table. Dans la cuisine. La boîte qui contenait les lettres. Alice lui a jeté un rapide coup d'oeil. Elle n'a rien demandé.
Je me suis assis. Elle a préparé le thé.
Du Gong Fu, un thé qui doit se boire lentement et sans parler, m'a-t-elle expliqué.
-Clémence est allée spécialement dans la forêt chercher de l'eau de source, un endroit qu'elle connaît, où elle dit que l'eau est la plus pure qui soit. Elle dit aussi qu'on ne peut faire le Gong Fu qu'avec cette eau-là.
Je n'aimais pas le thé. Mais ici je le buvais. C'était ainsi. Il m'aurait été impossible de faire autrement.
Elle m'a souri.
-Tous ces jours... J'ai cru que vous ne reviendriez pas.
Un petit papier était roulé sur le plateau, à côté des tasses. C'était l'une des dernières maximes choisies par Clémence.
Je l'ai lu. Une première fois à voix haute.
Ne parle pas de la mer au poisson qui vit au fond du puits, il ne comprendrait pas.
Et une deuxième.
On a bu le thé. En silence. Nos regards se croisaient. Par-dessus nos tasses.
Etions-nous de la même mer? J'aurais voulu le lui demander. Je ne l'ai pas fait. Sans doute j'ai eu peur qu'elle me réponde que c'était du même puits que nous étions.
La dernière gorgée. Ce goût de thé. Il me donnait des frissons. L'odeur sur ma langue. Imprégnée. Le dégoût.
J'ai reposé ma tasse.
-J'ai lu les lettres.
-Forcément.
Elle buvait. Lentement. Plus lentement que moi. Par toutes petites gorgées. Détachant à peine ses lèvres de la tasse.
-Vous parlez le hopi? j'ai demandé.
-Je le parlais. Quelques mots. Et ces quelques mots sus, je les ai oubliés.
-Votre père... avec Breton?...
-Ils ne se sont jamais revus.
-Même après, de retour à Paris?
-Même après.
-Et ce jeune garçon, Otto?
-Quoi Otto?
-Parlez-moi de lui.
-Il n'y a rien à en dire.
-Qu'est-il devenu?
Elle s'est tue. J'ai cru qu'elle ne m'avait pas entendu. Et puis elle a murmuré:
-Je ne sais pas...
Elle a repris sa tasse, elle la faisait tourner entre ses mains. D'une main dans l'autre. Elle se taisait. Comme si elle ne pouvait pas raconter plus vite. Qu'il y avait un rythme imposé. Une sorte de gouvernance intérieure.
Je lui ai demandé si elle pouvait me montrer une photo d'Otto. Elle m'a dit qu'elle n'en avait pas.
-Dans ses lettres, votre père dit qu'il a pris plusieurs photos de lui.
Elle a eu un petit rire nerveux.
Elle a bu la dernière goutte de thé qui restait tout au fond de sa tasse et puis elle s'est levée. Elle s'est avancé jusqu'à la porte.
-Revenez demain. Peu importe l'heure.
Je suis resté seul à la table.
Le chat est entré. Il m'a regardé, étonné de me trouver là et puis il a sauté sur mes genoux et de mes genoux, sur la table. Son regard. Il s'est couché de tout son long entre nos tasses.
Un doux ronronnement sourdait de lui comme un chant secret. J'enviais cela, sa plénitude calme. Apaisante. Le bonheur tranquille de ce chat. Je le regardais.
Je l'ai regardé longtemps, même quand il a cessé de ronronner.
Même après, quand il a sauté de la table et qu'il a disparu dans le couloir, je crois que je le regardais encore.
Avant de partir, j'ai mis les tasses dans l'évier, je les ai lavées, essuyées. Et puis laissées là, sur la table.
J'ai aussi punaisé le proverbe contre la porte de l'armoire, avec les autres.


_

mercredi 9 septembre 2009

Shopping en ligne


Les vêtements sont bien coupés, bien pensés (merci les petits élastiques sur les côtés), gais et solides. Et en plus il y a 20% de remise dès 60€ d'achats pour le lancement du site. Que demander de plus?
La Compagnie des Petits ouvre son site en ligne (cliquez sur l'image) et cela valait le coup d'être dit!
_

mardi 8 septembre 2009

Maman incohérente

Il y a longtemps que j'attendais ce jour. Petit Bonhomme est à l'école toute la journée, Jolie Princesse fait son après-midi d'adaptation chez Nounou, le Prince Charmant engrange des sous pour sa petite famille. J'ai (enfin!) un après-midi pour moi toute seule. Libre, de dormir, de livre, de me faire du thé, sans guetter les pleurs, consoler, faire des areuh-areuh ou jouer aux dominos. J'ai mon rendez-vous chez la coiffeur (imaginez ma tignasse qui a (à peine) vu des ciseaux depuis mi-juin...) et le reste de l'après-midi (jusqu'à 16:00, heure du lâchage des fauves à l'école) pour buller... Alors pourquoi commencer à angoisser? Jeter un oeil fiévreux sur le portable ou l'horloge? Taper 3131 sur ma ligne fixe? Lire deux pages et puis me lever, tourner, me rasseoir, aller ouvrir une fenêtre et puis non, la fermer, allumer la télé, zapper nerveusement? Pourquoi? Parce que je suis une maman...

lundi 7 septembre 2009

"Dans les bois éternels" de Fred Vargas

Comment savoir que mes vacances se sont bien passées? Quand j'ai réussi à savourer mon Fred Vargas. Depuis trois ans, c'est immuable: je me réserve un de ses ouvrages pour notre séjour chez mes parents, près de Carcassonne.
Voici un roman qui ne m'a pas déçu: dense, avec une bonne intrigue, il permet également de suivre les personnages, de les découvrir dans leur évolution. Avoir lu les précédents (en particulier "Sous les vents de Neptune") est un plus. Mais n'est pas indispensable. On reste certes dans les références moyenâgeuses et les tueurs un peu tordus, aux buts obscures. Les méthodes d'Adamsberg restent marginales. Mais c'est aussi pour cela que j'aime les intrigues de Fred Vargas.


J'ai choisi un extrait qui souligne la relation Adamsberg-Danglard, le ping-pong qui lie les deux hommes et les aide à démêler les fils de l'histoire.


Adamsberg se laissait descendre vers la Seine, suivant le vol des mouettes qu'il voyait tourner au loin. Le fleuve de Paris, si puant soit-il certains jours, était son refuge flottant, le lieu où il pouvait le mieux laisser filer ses pensées. Il les libérait comme on lâche un vol d'oiseaux, et elles s'éparpillaient dans le ciel, jouaient en se laissant soulever par le vent, inconscientes et écervelées. Si paradoxal que cela paraisse, produire des pensées écervelées était l'activité prioritaire d'Adamsberg. Et particulièrement nécessaire quand trop d'éléments obstruaient son esprit, s'entassant en paquets compacts qui pétrifiaient son action. Il n'y avait plus alors qu'à s'ouvrir la tête en deux et tout laisser sortir en pagaille. Ce qui se produisait sans effort à présent qu'il descendait les marches qui le conduisaient sur la berge.
Dans cette échappée, il y avait toujours une pensée plus coriace que les autres, telle la mouette chargée de veiller à la bonne conduite du groupe. Une sorte de pensée-chef, de pensée-flic, qui s'évertuait à surveiller les autres, les empêchant de passer les bornes du réel. Le commissaire chercha dans le ciel quelle mouette tenait aujourd'hui le rôle monomaniaque du gendarme. Il la repéra rapidement, en train de rabrouer une jeunette qui s'amusait à lutter vent debout, oublieuse de ses responsabilités. Ensuite, elle fonça vers une autre étourdie qui virevoltait au ras de l'eau sale. Mouette-flic criant sans discontinuer. Pour l'heure, sa pensée-flic, également monomaniaque, passait en vol rapide dans sa tête, en aller-retour continu, et piaillait Il y a bien un os dans le groin du porc, il y a bien un os dans la verge du chat.
Ces connaissances nouvelles occupaient beaucoup Adamsberg, en même temps qu'il rôdait le long du fleuve, aujourd'hui d'un vert sombre et très agité. Il ne devait pas y avoir beaucoup de gens qui savaient qu'il y avait un os dans la verge du chat. Et comment s'appelait cet os? Aucune idée. Et quelle forme avait-il? Aucune idée. Peut-être une forme étrange comme celle du groin de porc. Si bien que ceux qui le découvraient devaient se demander où placer cet inconnu dans le puzzle gigantesque de la nature. Sur la tête d'un animal? Peut-être l'avaient-ils sacralisé, comme la dent du narval dressée sur le front de la licorne. Celui qui l'avait extrait de Narcisse était sans doute un spécialiste, peut-être en faisait-il collection, comme d'autres de coquillages? Et pour quoi faire? Et pourquoi ramasse-t-on les coquillages? Pour leur beauté? Pour leur rareté? Comme porte-bonheur? Selon la leçon qu'Adamsberg avait enseignée à son fils, il sortit son portable et appela Danglard.
-Capitaine, à quoi ressemble un os de verge de chat? Est-ce harmonieux? Est-ce beau?
-Pas particulièrement. C'est seulement bizarre, comme tous les os péniens.
Tous les os péniens? se répéta Adamsberg, déconcerté à l'idée que l'anatomie des hommes lui ait elle aussi échappé. Adamsberg entendait Danglard taper sur son clavier, rédigeant probablement le procès-verbal de l'expédition d'Opportune, ce n'était pas le moment de la déranger.
-Bon sang, dit Danglard, on ne va pas parler de ce foutu chat toute la vie, si? Même s'il s'appelait Narcisse?
-Quelques minutes encore. Ce truc m'énerve.
-Eh bien cela n'énerve pas les chats. Et même, cela leur facilite la vie.
-Ce n'est pas ma question. Pourquoi dites-vous "tous les os péniens"?
Résigné Danglard se détacha de son écran. Il entendait crier les mouette dans le téléphone, il devinait donc parfaitement où traînait le commissaire, et dans quel état il était, plus venteux que l'air sur le fleuve...


_


vendredi 4 septembre 2009

"Petites faims" de Marc Solal

C'est Emmanuel Khérad qui m'avait donné l'eau à la bouche dans sa Librairie Francophone. Un livre combinant nouvelles et recettes de cuisine, quoi de plus alléchant? La quatrième de couverture a fini de me convaincre:


D'assiette en assiette de table en table, avec un savoureux sens du détail, Marc Solal dévoile les émotions qui se nouent autour des "petites faims". En un bouquet de textes courts et délicats, il évoque la violence des passions, le désir, la haine, l'ambition ou la solitude. Dans une prose émouvante, drôle, parfois absurde, il n'hésite pas à adopter le point de vue du homard, à déplorer le suicide d'un poisson rouge... Il sait nous mettre l'eau à la bouche et le vague à l'âme.
En bonus, les vraies recettes des plats consommés dans les nouvelles. Et on se demande alors qui l'emporte, du gastronome ou de l'écrivain...


Je n'ai pas été déçue. L'ensemble est truculent, alléchant, drôle. Personnellement, je craque pour la nouvelle n°8 et je me laisserai tenter (quand j'en aurai le temps) par la soupe Pho. En attendant, je vous sers en hors-d'oeuvre la première nouvelle:


-Dis donc, toi, tu n'aurais pas un peu grossi?
-Moi? C'est possible avec tout ce qu'on mange ici.
-Qu'est-ce qu'on t'a servi hier?
-Hier? Attends que je me souvienne, ah! Oui! Un osso bucco avec un riz safrané, un délice. J'en ai repris trois fois, et toi?
-Moi? J'ai eu du gigot d'agneau avec des haricots moelleux... un vrai régal!
Ils se sourient d'un air complice.
Assis sir le bord du lit de leur baraquement, ils ouvrent, entre eux, une serviette aux couleurs passées. Elle contient deux morceaux de pain rassis.
-Bon appétit, Moshé.
-Bon appétit, Isaac.
Ils mangent le pain en silence, fermant les yeux pour mieux en ressentir le goût. Ils en savourent chaque miette.
-Mmm! Excellent, ce caviar! dit Moshé.
-Peut-être un peu trop salé! répond Isaac.
Ils étouffent leurs rires pour ne pas attirer l'attention du kapo.



_

jeudi 3 septembre 2009

Sur le chemin de l'école

Souvenez-vous il y a 1 an... Petit Bonhomme faisait sa première rentrée. Maintenant il est rodé, content de retrouver son école, ses copains et bientôt Nounou. Nous recevrons régulièrement ses dessins, peintures, déguisements. Il y aura la kermesse, ses répétitions, ses préparatifs et le grand jour. A lui chants et chorégraphie loufoques! Et puis les sorties aussi (angoisse de maman: va-t-il être malade dans le bus?...) Et dire que Jolie Princesse fait sa rentrée aussi mardi prochain: premier après-midi chez Nounou! Je ne sais pas si un jour, je m'y ferai...


note de milieu de journée: Petit Bonhomme a retrouvé ses copains, son environnement (même si sa classe n'est pas dans la salle excomptée... rhôôô!) et ses habitudes. A 13:30, j'ai juste eu droit à un petit bisou de loin. C'est tellement mieux d'être avec des enfants de son âge!!!!
Et vous, la rentrée des votres? c'était comment?

mardi 1 septembre 2009

Noir c'est noir

Jolie Princesse a pris sa vitesse de croisière et nous la notre. Elle fait ses nuits (youpi!) mais dort peu le jour, et surtout par tranches d'une heure. Le reste du temps, elle est calme mais réclame, deci delà, des promenades. Son papa préparant les vendanges (qui commencent demain, déjà!), je n'avais pas encore réussi à me mettre sérieusement aux fourneaux. Ce dimanche, je me suis rattrapée: cuisses de poulet farcies, crème renversée et gâteau au chocolat. LE gâteau au chocolat. Celui qui est très simple. Très chocolat. Très demandé par ceux qui la connaissent. Et dont j'ai trouvé la recette sur l'emballage d'une tablette de chocolat à dessert. Autant dire que toute la blogosphère doit l'avoir dans ses tablettes. Tant pis. Je donne ma version quand même.



"MON" GÂTEAU AU CHOCOLAT
(pour un plat à gratin de 15cm par 15cm, environ)
  • 230g de chocolat à cuire
  • 200g de beurre (salé, c'est sympa aussi)
  • 4 oeufs
  • 150g de sucre
  • 80g de farine
  • 80g d'amandes effilées

Faire fondre le chocolat dans une casserole, à feu doux. Quand il est fondu ajouter le beurre et homogénéiser.

Dans une saladier, mélanger les oeufs, le sucre et la farine. Puis le mélange chocolat-beurre. Ajouter les amandes.

Verser dans le plat, beurrer et faire cuire 25 minutes pour un résultat fondant.

Notes:

1/ on peut ne pas mettre d'amandes ou les remplacer par des pépites de chocolat, des noix de pécan, des morceaux de poire, etc...

2/ cuire plus ou moins, selon qu'on veut le coeur fondant ou non.


_

dimanche 30 août 2009

Préparons la rentrée




Je ne suis guère à la page en ce moment, pour cause de Jolie Princesse qui me prend du temps, et à qui j'en donne beaucoup étant donné les deux petites semaines qu'il me reste encore avant le grand saut (snif!). Je suis tellement accaparé que j'ai prévu de ne pas renouveler mon abonnement à Elle que je trouve... comment dire?... trop people, trop pubesque, pas assez profond à l'heure actuelle. Cependant, je n'ai pas réussi à renoncer à mes trois numéros préférés: celui des "ce qu'on va aimer à la rentrée" pour son parfum de rentrée justement, celui "spécial enfant" pour les astuces, celui "spécial mode" pour l'argent que je ne vais pas dépenser cet automne (et même s'il y a plus de pubs qu'autre chose). Le second m'a appris un truc: l'adresse d'un site qui propose des étiquettes pour vêtements. Parce que le thermocollé, ce n'est beau qu'en théorie et que les merceries... ben ça ne court plus les rues ma brave dame! J'ai donc commandé 52 noms de Petit Bonhomme pour moins de 11 euros mercredi dernier et les avais le lendemain dans ma boîte aux lettres. Elle est pas belle, la vie?

vendredi 28 août 2009

"La valse lente des tortues" de Katherine Pancol


J'avais aimé le premier opus. Je me réjouissait de retrouver les personnages: la séductrice Iris, l'ado pimbêche Hortense et la naïve Joséphine. Le mois de juin battait son plein, ma grossesse finissait: c'était le moment idéal pour m'y plonger. Et puis. Et puis, Jolie Princesse est arrivée, au milieu d'un chapitre. Je ne sais pas si je n'avais plus le coeur à me noyer dans cette histoire un peu tirée par les cheveux mais la magie n'a pas opéré une seconde fois. Je ne serai pas aussi dure que Patricia, et je conseillerai tout de même cet ouvrage pour passer un bon moment, vite oublié peut-être. J'ai toutefois hâte de lire la suite, et de retrouver mes personnages, en plus grand forme.


(note: pas d'extrait cette fois-ci, j'avais emprunté le livre à la médiathèque et l'ai rendu depuis...)

lundi 24 août 2009

Au détour d'un jardin...

Quand le soleil se montre favorable et (pour une fois) pas trop mordant, il est bon de monter les douces pentes vosgiennes et d'aller voir ce qu'il s'y passe. Et quand il s'agit d'une exposition de sculptures sur pierre dans un jardin presbytérien, c'est délectable.

Dimanche dernier, nous sommes allés au pied de l'Abbaye de Murbach découvrir diverses merveilles, dont celles de Julien Flecher, jeune artiste allemand avec lequel nous avons longuement parlé. N'hésitez pas à aller voir son site, il parle très bien français!

Exposition Abbaye de Murbach, du 22 août au 6 septembre 2009.

Et nous avons eu le plaisir de découvrir les premières quetsches... Régal en perspective...

mercredi 19 août 2009

Journée caniculaire

On nous annonce la journée la plus chaude de la semaine. Sans doute du mois. Je suis (uniquement pour cette raison) bien contente d'être rentrée en Alsace. Même si l'adaptation de Jolie Princesse à la chaleur languedocienne a été plus facile que prévu, je n'aime pas trop ça, la laisser dans le chaud. Ici, nous avons retrouvé la maison fraîche et les nuits câlines. Elle aime et dort ses douze heures de file maintenant... Mais Pépé et Mémé manquent déjà. Heureusement, ils viendront avec l'automne nous faire un petit coucou et croquer des raisins avec nous...




En attendant, nous avons profité de nos petites vacances pour nous reposer (un peu), refaire le monde (beaucoup), pêcher les pieds dans la rivière pour les garçons (première prise pour Petit Bonhomme... aidé de son papa), lire (un peu) pour moi (je vous raconterai), faire découvrir les tournois de chevalerie de la Cité de Carcassonne à Petit Bonhomme et le circuit des Capitelles de Conques-sur-Orbiel à toute la famille (merci Tonton et Tatie!!).




Ah oui! Petit Bonhomme s'est aussi essayé à la photo. Dommage qu'elle soit floue, j'ai aimé le cadrage...




dimanche 26 juillet 2009

Bonnes vacances...

A l'heure où vous lirez ces lignes, nous serons quelquepart entre Lyon et Nîmes. Ce weekend, nous allons reprendre la route du Sud (dimanche sans doute, pour ne pas fâcher Bison Futé) et faire découvrir mon cher Languedoc à Jolie Princesse. Son grand frère lui a déjà raconter les promenades sur le Canal du Midi, les visites de la Cité de Carcassonne et ses combats de chevaliers (que nous essaierons de lui faire découvrir cette année) et les parties de pêche avec Papa.
J'emmène sous le bras quelques lectures (merci Cathy!), des envies de confitures (reine-claude me voilà!) et de farniente dans le jardin de mon Papa (il est si fier, lui l'Homme de l'Est, d'avoir dompté la fière terre méridionale et ses caprices pluviométriques) mais je sais que je passerai mon temps à papoter avec ma Maman, les voisines qui font partie de la famille et mes amies de là-bas...

jeudi 23 juillet 2009

Tag d'été

Oups! Me voici taguer par Isabelle! Je vais essayer de surmonter:
1/ la fatigue (merci Jolie Princesse de faire des vocalises entre 3:00 et 4:00 du matin!)
2/ la chaleur
3/ ... bon, rien d'autre alors je me lance:

1/ Donner 8 souhaits:
n°1: de nouveau réussir à dormir plus de 7 heures d'affilée, si possible la nuit
n°2: ne plus entendre de la part de la Nounou "dites donc, il a son caractère votre Petit Bonhomme! Il est dur" quand son petit fils (à la Nounou) entraîne le Petit Bonhomme en question dans des coups foireux
n°3: rentrer dans mon joli pantalon noir taille 40 pour le mariage du neveu du Prince Charmant le 26 septembre prochain... j'y suis presque, on y croit!
n°4: pendant les prochaines vacances (soit à partir de dimanche prochain), ne pas succomber à tous les multiples et délicieux desserts de ma Maman... (voir souhait n°3)
n°5: réussir à commencer... et finir "Madame Bovary" sans mourir d'ennui
n°6: retourner en Afrique du Sud avec ma petite famille et leur faire découvrir ce pays merveilleux
n°7: retourner au Maroc avec ma petite famille et leur faire découvrir ce pays merveilleux (pour ce souhait-ci, j'ai moins d'excuse que pour le précédent avec de la famille à Meknès et Essaouira!)
n°8: pouvoir encore longtemps câliner en simultané mes deux petits amours (tant que le grand n'a pas décrété qu'il était trop grand justement...)


2/ Dire à quoi me font penser les 10 mots cités:

message: "vous avez un nouveau message" et avoir des nouvelles de ma meilleure amie/la cousine la plus quetsche (elle se reconnaîtra)/mon frère/quelqu'un d'inattendu

blog: écrire, écrire, toujours écrire, sur tout et rien, pour ceux que j'aime, avant tout

prix: celui de la baguette qui augmente bien vite ma brave dame...

croix: point de croix?... je passe...

scrap: justement, j'imprime en ce moment les faire-part de naissance de Jolie Princesse... si ce n'est pas du message subliminal ça!

création: faire quelque chose de ses dix doigts, et oser le montrer. Pas encore pour moi.

bonheur: Lui et Eux. Simplement.

vie: Lui et Eux. Simplement.

enfant: après une nuit dure, se dire "Faites des gosses qu'ils disaient" et adorer sentir l'odeur magique qu'il y a au creux de leur cou...

passion: au pluriel alors...


3/ Dire un mot sur le Taggeur:
de jolies anecdotes de Maman qui me font sentir moins seule... et beaucoup de pertinence. J'aimerais être aussi concise et efficace.


4/ Tagguer 8 personnes et les prévenir...
Ouille... voici mes victimes:
Eleanora, Clem, Ficelle, Isa, Cathy, ma copine qui chatouille les Orteils du Chat, Patricia et le Théorème de l'escarpin...

dimanche 19 juillet 2009

Interruption momentanée des programmes

Pffff! vous l'avez compris, cela fait bientôt 4 semaines que notre Princesse est entrée (pleinement) dans notre vie (quoi! 4 semaines déjà la nuit prochaine! le temps passe-t-il toujours si vite???!!!!), bref, je disais 4 semaines déjà, et les choses se mettent en place doucement. Surtout le biberon de 4:00 du matin. Celui-là, il est bien ancré. Pas moyen de le zapper. Quelque soit l'heure du précedent. Ceci dit, enceinte, le dernier mois, je me réveillais toutes les nuits à 4:00. La nature est bien faite, n'est-ce pas? Je crois que l'été va filer doucement sans trop d'action bloggistique. Pourtant, j'ai des lectures passionnantes à partager (et non, pas juste le dernier numéro de Parents ou le manuel de la parfaite mère au foyer...). Mais je vous l'ai dit, le temps passe trop vite. Tenez, hier, nous avons eu la visite de ma meilleure amie avec son mari. Je ne l'avais pas vue depuis... la naissance de Petit Bonhomme, il y a presque 4 ans! Alors que nous habitons à 173,93 km (dont 100,36 km de voie express en passant par le col de Bussang) soit 2h38 de route dixit Mappy. Je suis impardonnable!!! On va y remédier. Vite fait. Se caler une journée de congés et arpenter les pavés (lesquels? on s'en fout...) et papoter des heures en buvant du thé... Pardon, j'ai mal entendu??? "Vivement la retraite?"... vous êtes décourageants....
Note: non, toujours pas de photo. Vous savez, trois heures en moyenne entre deux biberons, ça passe à une vitesse folle, je vous assure...

vendredi 10 juillet 2009

mercredi 24 juin 2009

"Le cercle littéraire des amateurs d'épluchures de patates" de Mary Ann Shaffer et d'Annie Barrows



Après avoir lu plusieurs critiques dithyrambiques dans diverses revues, j'ai fini par me laisser convaincre par Cathy de lire ce roman.


Il est vrai que le titre à lui tout seul est porteur de promesses: l'humour anglais et son excentricité m'ont toujours attirée et mes envies d'Angleterre étant très fortes en ce moment, je n'allais pas me priver. Ecrit par une ancienne bibliothécaire et libraire américaine (eh oui!), Mary Ann Shaffer, en collaboration avec sa nièce, Annie Barrows, ce roman épistolaire est drôle et émouvant. Sa forme peut laisser dubitatif au premier abord. Mais dès les premiers lettres les soupçons sont écartés: la vie est bel et bien là, le rythme est soutenu et on le dévore comme un roman policier: chaque lettre appelle la suivante.


L'action se situe en 1946. Juliet, jeune écrivain, a connu un petit succès en écrivant des chroniques pendant la guerre. Elle reçoit un jour une lettre de Guernesey: quelqu'un est en possession d'un livre qui lui a appartenu. Cette personne fait partie du "Cercle littéraire des amateurs d'épluchures de patates", créé pour détourner l'attention des Allemands, occupants de l'île jusqu'en 1945. Au fil des correspondances de liens se créent et Juliet cherche à comprendre la vie sous l'Occupation de cette petite communauté si attachante.


Chaque aspect de la guerre est traité avec humour, sentiment et pertinence. J'ai beaucoup aimé ce détachement, ce recul face à l'horreur comme face aux événements anodins. Il n'y a rien de larmoyants dans ce livre et pourtant les choses ne sont pas prises à la légère. C'est vraiment un livre que je recommande.


Voici la première lettre reçue de Guernesey:


De Dawsey Adams, Guernesey
île Anglo-Normandes, à Juliet


12 janvier 1946


Miss Juliet Ashton
81 Oakley Street
Chelsea Londres SW3


Chère Miss Ashton,


Je m'appelle Dawsey Adams et j'habite une ferme de la paroisse de St. Martin, sur l'île de Guernesey. Je connais votre existence parce que je possède un vieux livre vous ayant jadis appartenu, les Essais d'Elia, morceaux choisis, d'un auteur dont le véritable nom était Charles Lamb. Votre nom et votre adresse étaient inscrits au verso de la couverture.


Je n'irai pas par quatre chemins: j'adore Charles Lamb. Aussi, en lisant morceaux choisis, je me suis demandé s'il existait une oeuvre plus vaste dont auraient été tirés ces extraits. Je veux lire ces autres textes. Seulement, bien que les Allemands aient quitté l'île depuis longtemps, il ne reste plus aucune librairie à Guernesey.


J'aimerais solliciter votre gentillesse. Pourriez-vous m'envoyer le nom et l'adresse d'une librairie à Londres? Je voudrais commander d'autres ouvrages de Charles Lamb par la poste. Je voudrais aussi savoir si quelqu'un a déjà écrit l'histoire de sa vie, et, si oui, essayer de m'en procurer un exemplaire. Pour brillant et spirituel qu'il était, Mr. Lamb a dû traverser des moments de profonde tristesse au cours de son existence.


Charles Lamb m'a fait rire pendant l'Occupation, surtout son passage sur le cochon rôti. Le Cercle des amateurs de littérature et de tourte aux épluchures de patates de Guernesey est né à cause d'un cochon rôti que nous avons dû cacher aux soldats allemands - raison pour laquelle je me sens une affinité particulière avec Mr. Lamb.


Je suis désolé de vous importuner, mais je le serai encore plus si je n'arrive pas à en apprendre davantage sur cet homme dont les écrit ont fait de moi son ami.


En espérant ne pas vous causer d'embarras,
Dawsey Adams


PS: Mon amie Mrs. Maugery a, elle aussi, acheté un pamphlet qui vous a jadis appartenu. Il s'intitule Le buisson ardent est-il une invention? La Défense de Moïse et des dix commandements. Elle aime votre annotation dans la marge "Parole divine ou contrôle des masses????" Avez-vous tranché?

lundi 22 juin 2009

"Le libertin" d'Eric-Emmanuel Schmitt





"Le libertin" est une pièce courte, une comédie libertine et légère, qui tourne autour du désir, de la séduction. Elle rappelle les "Liaisons dangeureux", la perversion en moins. Cependant, moi qui suis une grande fan de lecture de pièces de théâtre, je suis restée un peu sur ma faim. Je pense qu'elle mérite d'être vue jouée, incarnée, pour prendre vie et donner toute sa dimension.

vendredi 19 juin 2009

"Ne tirez pas sur l'oiseau moqueur" d'Harper Lee



Oups! Je vois qu'on s'inquiète. Non, non, Jolie Princesse n'a pas encore pointé le bout de son nez. Elle laisse sa maman livre à loisir. D'ailleurs, merci au planificateur de billets qui va me permettre de vous conter mes dernières aventures littéraires la semaine prochaine alors que je serai amener à délaisser mon PC! ;)
"Ne tirez pas sur l'oiseau moqueur" a pris place dans ma bibliothèque par hasard. Ce printemps, ma maman est venu en vacances avec ce livre sous le bras, l'a fini ici et me l'a laissé. Je crois que je n'aurais jamais fait le pas vers ce récit. Et cela aurait été dommage.


Couronné du prix Pulitzer en 1961, ce roman fait écho à la lutte pour les droits civiques des Noirs aux Etats-Unis. L'histoire est simple: "Dans une petite ville d'Alabama, à l'époque de la Grande Dépression, Atticus Finch élève seul ses deux enfants, Jem et Scout. Avocat intègre et rigoureux, il est commis d'office pour défendre un Noir accusé d'avoir violé une Blanche." Outre son humanisme et sa pertinence, il séduit également par l'oeil porté sur le récit. En effet, c'est Scout, petite fille âgée de 7 ans, qui raconte l'histoire. Avec ses yeux d'enfants, le langage est simple, les souvenirs vivaces, les sentiments forts. Ce livre peut être mis entre toutes les mains, entre 10 et 90 ans, si j'ose dire. On peut le lire enfant, le prendre pour un roman initiatique et le reprendre des années plus tard, et comprendre sa portée politique à l'époque où il a été écrit. Ajoutez à cela que l'écriture est vive, qu'il se lit avec délice et vous comprendrez qu'il peut faire un parfait compagnon de vacances, pour ne pas bronzer idiot!


Voici un petit extrait: la nouvelle se repend qu'Atticus va défendre un Noir:


- Tu vas retirer ça, et vite!
Cet ordre que je donnai à Cecil Jacobs marqua le début d'une période pénible pour Jem et moi. Les poings serrés, j'étais prête à le frapper. Atticus m'avait promis que, s'il apprenait que je m'étais encore battue, il me ferait définitivement passer l'envie de recommencer; j'étais beaucoup trop grande pour m'adonner à de tels enfantillages et plus vite j'apprendrais à me contenir mieux ce serait pour tout le monde. Cela me sortit vite de la tête.
Ce fut la faute de Cecil Jacobs. La veille, il avait annoncé dans la cour de récréation que le père de Scout Finch défendait les nègres. Je niai, mais en parlai à Jem.
- Qu'est-ce qu'il voulait dire? demandai-je.
- Rien. Interroge Atticus, tu verras.
Ce que je fis le soir même.
- Tu défends les nègres, Atticus? lui demandai-je le soir même.
- Bien sûr. Ne dis pas "nègre", Scout, c'est vulgaire.
- Tout le monde dit ça, à l'école.
- Désormais, ce sera tout le monde sauf toi...
- Eh bien, si tu ne veux pas que je parle de cette manière, pourquoi m'envoies-tu à l'école?
Mon père me regarda, l'air amusé. Malgré notre compromis, depuis la dose que j'avais absorbée le premier jour, j'avais poursuivi, sous une forme ou une autre, ma campagne contre l'école: au début du mois de septembre, j'avais été frappée de faiblesses, de vertiges, de difficultés gastriques. J'allai jusqu'à payer dix cents le privilège de me frotter la tête contre celle du fils de la cuisinière de Miss Rachel qui souffrait d'une teigne spectaculaire. Mais cela ne prit pas.
J'avais cependant une autre occupation:
- Tous les avocats défendent les n... Noirs, Atticus?
- Bien sûr que oui, Scout.
- Alors pourquoi Cecil a-t-il dit que tu défendais les nègres? On aurait cru que tu faisais quelque chose d'illégal.
Atticus poussa un soupir.
- C'est simplement que je défends un Noir du nom de Tom Robinson. Il habite ce petit quartier qui se trouve au-delà de la décharge publique. Il fait partie de l'église de Calpurnia et elle connaît bien sa famille. Elle dit que ce sont des gens honnêtes. Tu n'es pas assez grande pour comprendre certaines choses, mais d'aucuns prétendent, dans cette ville, que je ne devrais pas me fatiguer à défendre cet homme. C'est un cas spécial, le procès n'aura pas lieu avant la session d'été. John Taylor a eu la gentillesse de nous accorder un report...
- Si tu ne devrais pas le défendre, pourquoi le fais-tu quand même?
- Pour plusieurs raisons, dit Atticus? La principale étant que si je ne le faisais pas je ne pourrais plus marcher la tête droite, ni représenter ce comté à la Chambre des représentants, ni même vous interdire quoi que ce soit à Jem ou à toi.
- Alors, si tu défendais pas cet homme, Jem et moi on n'aurait plus besoin de t'écouter?
- C'est à peu près cela.
- Pourquoi?
- Parce que je ne pourrais plus vous demander de faire attention à ce que je vous dis. Vois-tu Scout, il se présente au moins une fois dans la vie d'un avocat une affaire qui le touche personnellement. Je crois que mon tour vient d'arriver. Tu entendras peut-être de vilaines remarques dessus, à l'école, mais je te demande une faveur: garde la tête haute et ne te sers pas de tes poings. Quoi que l'on te dise, ne te laisse pas emporter. Pour une fois, tâche de te battre avec ta tête... elle est bonne, même si elle est un peu dure.
- On va gagner, Atticus?
- Non, ma chérie.
- Alors pourquoi...
- Ce n'est pas parce qu'on est battu d'avance qu'il ne faut pas essayer de gagner.
- Tu parles comme le cousin Ike Finch, dis-je.

lundi 15 juin 2009

En dilettante

"Pffff...."


Je sens que la semaine va être pauvre au niveau blog. Jolie Princesse commence à trouver son nid inconfortable et, même si son arrivée est prévue le 3 juillet, le grand monsieur en blouse blanche ne semble pas tout à fait d'accord. Et je partage son avis: je me traîne, je contracte, je respire et révise mes exercices de poussée. J'organise la valise, les valises plutôt: les affaires de la Miss, les miennes, celle pour le moment M du jour J, la liste des choses à ajouter au dernier moment (ne pas oublier l'appareil photo, les piles, les revues, mon armoire à cuillère et mon poêle à mazout...). Le Prince Charmant refait la liste des numéros de téléphone à appeler après, celui de ceux à appeler avant pour ne pas que Petit Bonhomme dorme à la maternité (oui, selon lui, un accouchement c'est forcément la nuit)... Avec tout ça, je passe de plus en plus de temps sur le canapé à lire qu'à pianoter sur le PC. Donc j'ai des billets en tête mais pas forcément de temps pour les écrire...


Quand je vous disais "Pffff...."

mercredi 10 juin 2009

Tout un jeu de Saveurs


Je ne suis guère originale et passablement paresseuse. On mettra ça sur le dos de Jolie Princesse. Mais j'ai craqué, à nouveau, pour le dernier numéro de Saveurs. Et ce fut une bonne inspiration. Pensez donc, quatre recettes de lapin, moi qui adore ça. Nous avons testé la première dimanche dernier (je me suis fait un petit plaisir pour la fête des Mères!). A part le fait de prendre des champignons entiers en boîte faute de beaux champignons de Paris chez le primeur et de l'avoir dégusté avec un chardonnay d'Arbois vinifié à la Jurassienne (merci André et Mireille pour ce merveilleux Graviers 1999!), je n'ai pas changé une virgule de la recette... Le verdict familial est tombé: délicieux! La marinade au cidre donne à la viande un petit goût acidulé et beaucoup de tendresse. Nous le testerons la prochaine fois avec quelques quartiers de Granny plongés 15 minutes avant la fin de la cuisson.


Civet de lapin au cidre


  • 1 lapin de 1,2 kg, coupé en morceaux
  • 75 cL de cidre
  • 1 oignon
  • 1 carottes
  • sel, poivre, thym
  • 2 cuillères à soupe de farine
  • 40 cL de crème fraîche épaisse
  • 1 petite boîte de champignons de Paris entiers
  • 200 g de lard fumé
  • huile

La veille, mettre le lapin avec l'oignon émincé et la carotte épluchée et coupée en rondelles, dans un saladier. Saler, poivrer, ajouter un peu de thym et recouvrir avec le cidre. Couvrir d'un film et mettre au réfrigérateur pour toute la nuit.

Le lendemain, faire chauffer un peu d'huile dans une cocotte. Faire dorer les morceaux de lapin. Saupoudrer de farine et ajouter le cidre (on peut ôter les morceaux de lapin pour bien délayer le roux) puis les rondelles d'oignon et de carotte, les champignons. Faire cuire 45 minutes à feu doux et à couvert.

Couper le lard en gros lardons et les faire revenir dans une petite poêle, sans matière grasse.

Sortir les morceaux de lapin, verser la crème. Au premier bouillon, réduire le feu et faire cuire 5 minutes (si la sauce n'est pas assez lisse, on peut la filtrer à ce moment-là). Remettre les morceaux de lapin, les lardons et cuire encore 10 à 15 minutes, à feu doux.

_

mardi 9 juin 2009

Et encore un blog culinaire!


La semaine dernière, j'ai été très inspirée. Je ne suis pas sûre de suivre le rythme. Je commence à me traîner largement et ma balance, même si elle me donne l'explication, ne me console pas. Si je n'avais qu'une chose à dire cette semaine, ce serait de conseiller d'aller voir le blog d'Eleonora, jolie Strasbourgeoise aux origines italiennes (je le précise, sa cuisine sent tellement le soleil) et au goût prononcé pour la couleur rouge. En plus, le nom de son blog est poétique à souhait: Au fil de mes rêves d'amour... et de mes recettes de cuisine et traduit son univers, lui aussi poétique, frais, simple et gourmand.
Comment ne pas craquer quand on vous propose des petits déjeuners aussi charmants?




ou de ravissants gnocchis à la noisette?



photos: Eleonora

PS: je suis de plus en plus attirée par le rouge, le rose. Vous croyez que c'est l'effet Jolie Princesse???

vendredi 5 juin 2009

En direct de la blogo!

Vous voulez tout savoir sur "la vie de mes cheveux"? c'est par là que ça se passe...

Merci à Flannie d'avoir pensé à moi!

jeudi 4 juin 2009

Le rouge aux joues

Nous avons voisins sympas. Toujours un bonjour, un petit mot, dans un sens comme dans l'autre. En fait, on ne se connaît pas beaucoup, la plupart sont plus âgés que nous mais presque tous ont un jardin (ou des enfants qui ont un jardin). Et depuis la naissance de Petit Bonhomme, c'est un rituel, ils nous font goûter leur production. C'est comme ça que Petit Bonhomme, qui jouait dehors, est venu me trouver avec un petit panier de cerises. Comme je suis la seule à les aimer crues et que je ne voulais pas laisser périr ces merveilles, j'ai fait des petits clafoutis. La prochaine fois, je tenterai la recette d'Eléonora.


Clafoutis aux cerises, très vanillé

(pour 6 ramequins individuels)

  • 250g de cerises
  • 80g de farine
  • 100g de sucre
  • 2 sachets de sucre vanillé
  • 1 cuillère à café de poudre de vanille
  • 1 pincée de sel
  • 3 oeufs
  • 170ml de lait entier
  • beurre

Préchauffer le four à 180° (thermostat 6).

Dénoyauter les cerises (c'est sans doute meilleur avec les noyaux, mais je ne peux me résoudre à devoir cracher à chaque bouchée!).

Dans un saladier, mélanger la farine, le sucre, le sucre vanillé, le sel, la vanille en poudre. Ajouter les oeufs puis le lait.

Beurrer 6 ramequins individuels, y déposer des cerises dans chacun. Verser dessus la pâte du clafoutis. Mettre au four 30 minutes.

Quand les clafoutis sont dorés, les sortir du four et les laisser refroidir.

Note: je regrette de ne pas avoir eu d'extrait d'amande amère. J'aurais alors remplacé la vanille par cet extrait pour renforcer le goût de la cerise.

_

mercredi 3 juin 2009

"Sale temps" de Sara Paretsky

Voilà un roman policier que j'ai eu plaisir à découvrir. Je n'avais jamais suivi les aventures de la détective privée de Chicago, Vic Warshawski. Du haut de sa quarantaine bien tassée, avec ses faux airs de garçon manqué, elle ne manque ni de pêche, ni de courage. Cet épisode nous fait entrer dans un monde de corruption et de gros sous, de le milieu carcéral américain aussi. L'intrigue est bien ficelée et on y prend du plaisir. De quoi bien préparer les prochaines siestes estivales...


L'extrait suivant se situe au début du roman (il est dur d'en sortir un élément assez long sans devoir tout expliquer). Vic a assisté à une soirée organisée pour le lancement d'une chaîne télévisée à gros budget. Elle n'aime pas ce genre de mondanités. En rentrant, elle a manqué d'écraser une pauvre femme, déjà bien amochée qui gisait sur la route.


Cette dernière phrase me fit bondir hors de ma chaise, si brusquement que Peppy en aboya. Pauvre salope ratatinée, avec ses cinquante liftings, contrariée parce que j'avais eu le malheur de marcher sur son précieux pantalon Chanel! Moi, lorgner sur les miettes d'un festin hollywoodien? Quand à sous-entendre que j'en pinçais toujours pour Murray... J'ignore laquelle des deux insinuations me blessait le plus. Certes, Murray et moi avions eu une aventure, mais c'est une histoire tellement ancienne qu'il n'en reste pas le moindre vestige. Loin de me morfondre de notre rupture, quelques semaines m'avaient suffi pour comprendre quelle erreur j'avais commise en couchant avec un type à ce point dévoré d'ambition. Qui s'était donné la peine d'aller en souffler mot à Regine Mauger? Murray? Par rancune de me voir si peu enthousiaste pour ses débuts télévisuels?
- Ce type est aussi à l'aise devant une caméra que des puces sur un chien! lançai-je hargneusement.
L'article me rappela qu'Alexandra Fisher était censée avoir fait ses études de droit dans la même promotion que moi. Pendant que Mr Contreras poursuivait la lecture besogneuse des annonces, je me dirigeai vers le placard du couloir et sortis le coffre dans lequel je conserve un tas de souvenirs du passé. Sur le dessus se trouvait la robe de concert de ma mère, enveloppée dans du papier de soie. Je ne pus résister à la tentation d'entrouvrir un instant le papier pour caresser du doigt les pièces de dentelle argentée, la soie noire si douce. Effleurer cette étoffe évoqua sa présence avec autant de force que si elle s'était tenue dans la pièce d'à côté. Ma mère m'a toujours poussée à être indépendante, à ne pas me contenter des compromis qu'elle-même avait acceptés par souci de sécurité. Serrant sa robe entre mes mains, je n'aurais rien désiré tant que de l'avoir encore à mes côtés, pour me protéger contre le monde et les coups plus ou moins durs qu'il inflige.
Avec résolution, je posai la robe sur le côté, et fouillai dans le coffre où je finis par dénicher l'annuaire des anciens élèves de la fac. Il y avait un Michael Fisher, un Claud, mais pas d'Alexandra. J'allais refermer l'annuaire quand mon regard s'arrêta sur le nom qui figurait juste au-dessus de Claud Fisher. Sandra Fishbein. Sur la photo en vis-à-vis on apercevait un visage à l'expression pétulante, doté d'une grande bouche et surmonté d'une folle tignasse bouclée épaisse de quinze bons centimètres. Sortir deuxième de notre promotion, elle était ce que la direction de la fac appelait une va-t'en-guerre. Je me souviens de la fois où elle s'en était prise à moi parce que je refusais de participer au sit-in qu'elle proposait d'organiser afin d'obtenir des toilettes séparées pour les étudiantes.
- Toi, une fille d'origine populaire! m'avait-elle haranguée. Tune vas tout de même pas laisser l'establishment se payer ta tronche!
Un argument qui revenait souvent dans sa bouche. Je me souvenais parfaitement de la scène. Elle était issus d'un milieu où les enfants se voyaient offrir un voyage en Europe à la fin de leurs études secondaires. Du fait de mes origines modestes - j'étais peut-être bien la seule de la promotion dans ce cas -, elle se sentait tenue d'obtenir mon soutien ou mon estime; je n'ai jamais pu trancher entre les deux.
- L'establishment, tu en fais partie! avais-je rétorqué. Quant à ta pauvre tronche, je m'en fiche pas mal!
- Si tu refuses d'oeuvrer pour le progrès, avait-elle riposté, tu fais le jeu des réac'!
Le temps de joutes oratoires paraissait bien loin. A la fin de nos études, elle avait applaudi mon choix de travailler à l'aide judiciaire; elle-même était devenue l'assistante d'un juge à la pointe du combat progressiste.
Et bien! Notre chère gauchiste avait émigré vers Hollywood, rasé son auréole ébouriffée, changé de nom, fait le ménage dans ses convictions politiques.
Je comprenais mieux son regard bravache d'hier soir. Je remis l'annuaire à sa place.

_